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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 21:42


Bande son obligatoire pour comprendre le ton de ce billet



Ce soir, j'ai eu un moment de liberté. Un moment de liberté, pour moi, c'est un moment où je sais que personne ne m'attend. Où je ne suis pas là où je devrais être. Les uns me pensent à un endroit, les autres ailleurs. Et je suis comme un électron libre, du temps devant moi pour faire.... pour faire... rien ou tout, c'est selon.


Ce soir, j'ai décidé de me faire pleurer.


Yann Tiersen avait pris possession de ma voiture. Le soleil venait juste de se coucher. Les lumières de la ville s'allumaient. Quelques gouttes de printemps flottaient dans l'air et se posaient sur mon pare brise.


Je n'ai pas tourné à gauche pour rentrer à la maison. J'ai pris le chemin des écoliers et aux accords triste de la Comptine d'Un Autre Eté, j'ai conduit. J'ai conduit dans la ville. Je suis passée devant la Belle Inutile, aux yeux fermés et au coeur vidé. Puis je me suis engagée sur la Grande Place, au rythme des pavés mal joints. Les façades des maisons étaient toutes éclairées, au garde à vous sous leur chapeau de gendarme.


J'ai pleuré, pleuré. Pleuré sur tous les lieux que j'ai quittés. Pleuré sur mes amis que j'ai laissés. Pleuré sur ce que j'ai aimé sans m'en rendre compte, seulement maintenant que c'est perdu. J'ai regardé cette ville pour l'imprimer dans ma mémoire, cette ville que je quitterrai aussi bientôt. Pleuré sur ceux qui commencent juste à devenir des amis et que je vais fuir aussi. Le rire de Marie, la fragilité de Valérie, l'énergie d'Arnaud, le pince-sans-rire de Benoît, le bon sens de Myriam...


Yann Tiersen en boucle, les larmes et les sanglots comme une lame de fond, la voiture qui roule, tourne, roule encore. Les arbres roses des boulevards, les groupes riants sur les trottoirs... même l'odeur des frites, pour une fois...


Ma vie, c'est toujours passer des uns aux autres, d'un lieu à un autre. C'est un patchwork plus ou moins usé. Des fils dépassent, si je tire dessus, des pièces vont se découdre, jamais remplacées... sans cesse, j'en rajoute avec plus ou moins de bonheur...


Yann Tiersen en boucle, je pleure encore...




..... mais après La Comptine d'un autre été, sur ma clef USB, il y a Goran Bregovic, pour demain matin commencer ma journée en riant. 



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Published by La Femme des steppes - dans Ce que mon humeur me dicte
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commentaires

mariev 28/05/2010 20:28



Mmmhhmmh Yann Tiersen et l'art de la nostalgie, moitié crève-coeur, moitié riante (ses morceaux avec de l'accordéon, par exemple, ses valses ...).


J'imagine bien, oui, ton "odyssée" à travers les brumes de ta vie et de ta mémoire. J'imagine bien, oui, les incessants déménagements, les aurevoirs qui semblent devenir des adieux (nous avons eu
en partie la même vie, non? .. Quoique, je me demande soudain, si vous bougiez autant avec ton papa que nous avec le mien).


Et pourtant, "la vie, c'est le mouvement", dit-on, et c'est très vrai aussi ...


Je t'embrasse ... fort ...



La Femme des steppes 30/05/2010 21:12



6 déménagements dont je me souvienne dans mon enfance. Ce n'est pas énooorme, mais tout de même ça marque.


Ceci dit, ça marque moins quand on est enfant. En tout cas en ce qui me concerne, je n'ai pas des bouffées de nostalgie qui me prennent au bide et se répandent partout jusqu'aux yeux, quand je
pense à ces déménagements de quand j'étais jeune. Les enfant sont plus insouciants, ils passent plus facilement à autre chose, ils ont l'avenir devant eux !



Aude Terrienne :0010: 07/05/2010 18:11



Alors je lui dis de se reposer et elle fait de la couture à la chaîne, je vous jure ces d'j'euns, ils n'écoutent pas leurs aînés !


Bon allez, je te livre un thé à la bergamotte ça va te requinquer!



La Femme des steppes 08/05/2010 00:20



Et là, je rentre d'une soirée -perdue-sur-les-petites-routes-au-milieu-des-champs-de-colza-à-cause-du-GPS-+-brainstorming+resto


Mais demain, grass' mat ! YEEEEEES !



Aude Terrienne :0010: 06/05/2010 19:37



Bonjour Princesse.


Ben v'la t'y pas que Monsieur change de nouveau de crèmerie et que toute la smala va devoir suivre en rang comme un seul homme?


Bon je connais ça, tu le sais, on déménageait tous les trois ans.


Quand les enfants sont tout petits, c'est dur car on n'a pas de famille à proximité pour nous seconder déménagement après déménagement, faut trouver nounous pour les sorties et toubibs pas trop
nuls.


Quand les enfants grandissent ils pleurent de quitter les copains, mais ils trouvent vite à les remplacer et nous en allant les accompagner à l'école on se fait plein de nouvelles copines c'est
intéressant.


Puis ils deviennent ado et on n'a plus le cercle des parents d'élèves à quoi se raccrocher. Et je pense que pour toi c'est là maintenant. Les ados quant à eux nous en veulent au lieu d'en vouloir
à leur père, car nous n'obtenons aucun galon supplémentaire de déménagement en déménagement, on est toujours le troufion de service à la maison, on est la pour ARRONDIR LES ANGLES, que ce soit
entre les membres de la fratrie, entre les enfants et les adultes (père, profs...) on est toujours debout, toujours prêtes à faire nos B.A., comme un bon scout, et HEUREUSEMENT !


Terrien choisissait toujours le moment de mon bain pour m'annoncer les mutations, il me savait détendue. Et puis il terminait son petit laïus en me disant d'un air de martyr "mais si tu veux on
peut aussi rester ici". Evidemment il venait de me parler pendant 3/4 d'h de tous les avantages de la nouvelle mutation pour nous pour la famille et surtout pour sa sacro sainte CARRIERE ! Oui,
je sais, ça te paraît long, mais mes bains durent une heure montre en mains, chrono.


Maintenant j'ai trouvé la parade: je ne prends que des douches, depuis on ne mute plus


Bon, c'est aussi parce qu'il est trop vieux euh trop haut?


C'est ce qui me fait ch... tu vois, maintenant il fait un truc qui l'intéresse et donc on ne mute plus. C'est pas que j'ai envie de muter, c'est juste que j'ai envie qu'il comprenne que c'était
pas facile.


Tu sais, maintenant avec @ quitter quelqu'un c'est pas pareil que autrefois et puis retrouver de nouveaux challenges c'est motivant.


Il faut bien que tu fasses le bilan, que tu te dises tiens, j'ai apporté ça et ci à telle et tel, on a construit des trucs ensemble, c'était bien, on n'est pas venu ici pour rien. Il faut que tu
te dises, ben maintenant que tel ou telle me connaît il sera plus accueillant avec des migrants comme nous. Il faut que tu te dises que tu as aidé les gens de ce coin où tu t'es fait des attaches
à avoir l'esprit plus ouvert.


OUi, il faut te dire aussi que si ça se trouve tu aurais fini par trouver tel ou telle un peu décevant(e) ou que votre relation amicale était arrivée à son apogée que ça ne pouvait que se
déteriorer. OU stagner et s'endormir dans un ronron soporifique.


Il y a des phases dans la vie où on est plus ou moins fatigués, et je te conseille de mettre la pédale douce un peu pour te préparer physiquement au déménagement, il faut que tu sois en forme,
car ce sera dur.


Oui, tu ne peux plus te faire des amis à la sortie de l'école primaire, mais aussi tu pourras te faire plus d'amis personnels sans avoir à penser: ils connaissent mes enfants, je
ne peux pas me comporter aussi naturellement que s'ils étaient des amis à moi.


En tous cas, moi, égoïstemnt, j'espère que tu seras dans la région parisienne, on pourra se faire de grosses bouffes ensemble et toc !


Pour ce qui est de tes enfants, ils ont l'esprit assez ouvert pour réagir intelligemment et s'en sortir j'en suis sûre. Et s'ils laissent un amoureux, dis leur que tu connais plein d'ados qui ont
des amoureux à 500 km alors qu'ils n'ont jamais déménagé. et que leur relation dure. C'est justement un test pour savoir si c'est viable.


Bon j'ai été un peu longue pardon je pars en courant. Bisous plein plein.



La Femme des steppes 08/05/2010 00:18



C'est incroyable... TOUT ce que tu dis est si vrai ! Dans tous les domaines ! Je me suis fait également ces réflexions.


En ce qui concerne les gens que je quitte, je me dis que l'on a vécu une belle aventure ensemble, et que garder des contacts en sera une autre. Parfois, je suis surprise de ceux qui restent en
contact alors que je ne l'aurais jamais cru. Je les découvre sous un autre jour. Rien n'est vécu en vain. On apporte toujours quelque chose aux autres, ne serait-ce que des souvenirs, et on garde
aussi beaucoup de ce que les autres nous ont offert.


J'aime cette façon de vivre. J'ai vécu ainsi enfant, j'ai fait une pause de 10 ans (ado) et puis j'ai recommencé, cette fois de mon propre gré. Le jour où j'arrêterai, cela me fera vraiment tout
drôle. Aimerai-je ? Je ne suis même pas sûre. Il faudra que j'apprenne à vivre sans me dire "c'est provisoire".


Bref, du coup, je vais te décevoir, car j'ai anticipé. Notre prochaine mutation n'aura lieu que dans deux ans ! -mais je suis en RP de temps en temps



Knorra 05/05/2010 21:38



De temps en temps cela m'arrive aussi d'avoir les larmes qui coulent sans pouvoir les retenir et les souvenirs remontent et du coup ca ne s'arrête plus.


Je crois que notre corps a besoin d'évacuer de temps en temps.



La Femme des steppes 08/05/2010 00:06



... et ce n'est même pas déprimant, en plus...



Mary Bloody 05/05/2010 10:05



J'ai jamais vraiment changé de région mais c'était un peu la même chose l'été quand je quittais mon lieu de vacances je savais que j'y retournerais quelques semaines plus tard (j'y passais toues
mes vacances) mais je savais que les lieux et gens auraient déjà changé



La Femme des steppes 08/05/2010 00:06



Rien n'est immuable, malgré les apparences. Tout change subrepticement. Et puis tout à coup, on s'en rend compte et on croit que c'est arrivé tout d'un coup ! Mais c'est faux...



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